Nuits de Chine, nuits calines

Points de vie

Proviseur + blogueur + homosexuel = révoqué

Il est des équations qui boulversent l'état des connaissances et marquent de grandes avancées scientifiques. Il en est d'autres qui indignent et révulsent, et marquent de grands retours en arrière. Je préfère nettement les premières aux secondes.

Je ne lisais pas le blog de Garfieldd. Quelques pages en sont préservées sur web.archive.org, et je ne saurais trop vous encourager à les lire. Pour le reste... Embruns tient une liste de liens sur le sujet, Eolas a rédigé une note qui m'a fait jubiler du premier au dernier mot, Kozlika donne son avis toujours aussi humain... Cherchez, vous trouverez.

Pourquoi Garfieldd a-t-il été révoqué ? Parce qu'il était proviseur et blogueur et homosexuel. Qu'il n'eût été que deux de ces trois "choses" (je ne peux pas dire "qu'il n'eût eu que deux de ces trois tares", aucun des trois points n'étant de près ou de loin un défaut.. quoi que, proviseur, ça se discute) et rien ne se serait passé.

Un proviseur homosexuel ? Je ne pense pas que l'Education Nationale fasse exception dans les préférences sexuelles de ses membres. Il y a des homosexuels dans l'EN, dans les mêmes proportions que dans l'ensemble de la société (il y a aussi certainement des zoophiles, des sado-masochistes, des fétichistes, des onanistes, des éjaculateurs précoces, des nymphomanes, etc.). Je ne vois pas en quoi l'orientation sexuelle peut empêcher quelqu'un d'enseigner ou d'encadrer des enfants - sauf si l'on associe une sexualité différente avec une dangerosité comportementale, ici l'homosexualité et la pédophilie.
Garfieldd eût-il été une femme (proviseur, blogueuse et homosexuelle), la sanction aurait-elle été identique ?

Un proviseur blogueur, évoquant sa vie professionnelle ? Les billets préservés sur web.archive font, de mon point de vue étriqué, plus qu'honneur à la profession. Ils sont humains, intelligents, équilibrés. Ni discours angélique tout-va-bien-madame-la-marquise, ni tract syndical c-est-la-faute-à-pas-nous, ni laxisme exacerbé les-élèves-sont-des-clients-sont-rois ni autoritarisme forcené le-chef-c-est-moi-tu-la-fermes. Qu'y a-t-il de plus respectable qu'un professionnel capable de se poser des questions sur ce qu'il fait, comment il le fait, pourquoi il le fait ? Ou, si vous préférez, qu'il a-t-il de plus répugnant et dangereux qu'un professionnel qui n'a pas le moindre doute sur ses actions et qui ne se pose pas la moindre question ?

Un proviseur blogueur, évoquant sa vie personnelle ? On ne saurait pas qu'il est proviseur, justement, donc ce ne serait "que" un blogueur homosexuel. Pas de quoi fouetter un chat.

Alors ? J'en conclus que si vous êtes un homme, homosexuel, travaillant dans l'Education Nationale, vous avez sacrément intérêt à faire profil bas. La Grande Muette n'est pas celle que l'on croyait.

Mignon carnet rose

On dira ce qu'on voudra, les blogueurs (et, pire encore, les
blogueuses), ce sont des gens comme les autres, mais un peu plus. Donc,
quand ils vous poignardent, même gentiment, ça fait plus bobo. Mais
comme on les aime bien, on leur pardonne plus facilement.

Toute cette introduction pour dire que je me suis fait traiter de flemmard parce que je n'avais pas relaté la sortie Carnet Rose du 19/20 novembre. Okette, je relate. Que dis-je, je cafte et je dénonce.

Tout d'abord, appeler une réunion de blogueurs Carnets Roses, c'est pas malin. Quand j'ai dit à la mère de l'Héritier (lequel était avec moi ce début de WE-là) que j'irais avec lui à un Carnet Rose, elle s'est vachement inquiétée. Peut-être les jeunes générations ne connaissent-elles pas l'expression Ballets roses, mais l'ancienne la connaît. Bref, premier éceuil éccueil écueil.

Le
samedi soir, nous avions un repas collectif dans un couloir où il
fallait choisir soit d'être enfumé, soit d'être gelé. C'est le seul
regret que j'ai eu de cette soirée très enjouée, très agréable et même
pas remplie que de blogueurs (50% environ). Heureusement, les nombreux
et fréquents rires participaient à l'aération dudit couloir.
D'ailleurs, les voisins (dans une graaaande salle) nous jetaient
régulièrement des regards mi-étonnés, mi-suspicieux. C'est mieux que
nous jeter des pierres ou des cacahouètes, faut le reconnaître.

Ensuite,
pour l'Opéra, nous devions initialement être huit, mais seuls sept ont
pu venir. Il restait donc un billet vacant. N'écoutant que ma bonne
âme, juste avant la représentation (dimanche, 15 heures), j'ai tenté de
revendre ce billet superfétatoire. Ca a donné un truc comme :
"Pssst... vous voulez un billet ? J'en ai un beau, pas cher, très bonne qualité.
- Racollage sur la voie publique, vos papiers SVP.
- Hé m'sieur l'agent c'est pas moi, c'est un type qui m'a mis ça dans la main, j'sais même pas ce que c'est que ce truc."

Du
fait du beau temps, la clientèle potentielle était sans doute partie se
promener, et le recyclage du billet fut impossible. J'abandonnai
lorsque la sonnerie d'appel des derniers spectateurs a retenti. Après
avoir gravi quelques dizaines de milliers de marches, j'ai rejoint le
reste du groupe sur les sièges planches à clous
bancs d'où nous allions assister au spectacle. J'étais à la frontière
entre le groupe et le non-groupe. De l'autre côté de cette frontière,
un couple âgé en apparence sympathique.

Le spectacle fut très
bien. Vraiment. Si, si, je ne me moque pas du tout. Excellente
prestation de Sophie Koch[1]. J'ai éprouvé, à divers moments, de réels
frissons de plaisir/émotion (dont lors de Connais-tu le pays et
sur la fin du 3ème acte). Y'a qu'un truc que j'ai pas trop pigé, c'est
pourquoi l'un des personnages (Lothario) parlait en verlan
serbo-croate. Parce que je n'ai absolument rien capté à ce qu'il disait.

Mes
voisins du non-groupe étaient de mon avis, d'ailleurs la dame ne
cessait de soupirer presque discrètement chaque fois que Lothario
marmonait, et elle en profitait pour se battre avec son mari au sujet
d'un seul éventail pour deux. A l'entracte (1er/2d acte) madame a fui
avec l'éventail, au grand désespoir de son mari qui n'a pas manqué de
s'en plaindre pendant l'entracte. Heureusement, sans doute prise de
remords, madame est revenue alors que les lumières s'éteignaient et a
eu la très bonne idée de ne pas rester (plus de soupirs, merci !) et de
rendre l'éventail à monsieur. Qui, tout à sa victoire, s'est
vigoureusement éventé durant le second acte, mettant en péril la
soigneuse ordonnance de ma coiffure. S'étant (bêtement) foulé le
poignet, il est parti à l'infirmerie au second entracte, ne revenant
plus ensuite.

A la sortie du spectacle, nous échangeâmes nos impressions, qui toutes furent positives.

Entre
les membres du groupe, le spectacle en lui-même, et les crêpes chez
Samantdi ensuite, je n'ai aucune forme d'hésitation à dire que ce
furent de très grands moments.

Je recommence quand vous voulez.

[1] Une conséquence directe, pour ma part, est que je vais aller voir Cosi fan tutte,
fin janvier. Il semble qu'il y a toujours quelques vendeurs de
billets-en-trop, j'ai mes chances de. Et si ça marche, je ferai
peut-être bisquer mon amie la fée. Je ne suis pas au-dessus de certaines mesquineries.

Arh ! Ché dégoufert le zegret te la fie ! Ya !

Et ce fut par hasard, comme beaucoup de grandes découvertes.
Contrairement à mes illustres prédécesseurs de la famille des
Frankenstein, nul besoin de nuit d'orage, de manoir lugubre ou de
laboratoire humide, quoi que la gouleyante assistante blonde ne sera
pas refusée quand même.

Ce qui devait se terminer en une apothéose de
la science a commencé simplement, par la préparation d'ingrédients en
apparence innocents et que je garderai secrets, de peur de voir des
hordes de créatures proliférer chez mes lecteurs. Je vaquais à mes
occupations dominicales, sans me douter qu'à quelques mètres de moi
l'épouvantable transformation était en cours. J'ouis soudain un petit
ronronnement qui, après quelques secondes, se mua en un vacarme
assourdissant. La créature, dans sa cellule, tentait de s'échapper ! La
créature rageait, frappait, tempêtait contre les parois de métal qui la
retenaient.

N'écoutant que mon courage, je sers la science et
c'est ma joie, je me ruai  dans la cuisine, d'où ces mugissements
apocalyptiques émanaient. Et là, je la vis, échappée de sa niche, le
corps agité de soubressauts désordonnés, allant de droite et de gauche
dans un monstrueux et démoniaque ballet. Vision d'horreur !

Ma raison chancela, mais je la rattrapai in extremis, gardant ainsi mes moyens pour appréhender la situation.

Je suis ton maître, tu me dois vie et obéissance !
clamai-je sans effet apparent. La créature, au son de ma voix, observa
une pause dans sa maléfique danse. Le répit fut de courte durée, et
elle se rua sauvagement sur moi.

Pas de chance pour elle, le fil
électrique étant trop court pour lui permettre de m'atteindre, le
sursaut le fit se débrancher. Ma machine à laver redevint ce qu'elle
n'aurait jamais dû cesser d'être, un simple appareil inerte. L'analyse
post-mortem révéla un oreiller (oui, je lave mes oreillers) qui, gorgé
d'eau et donc considérablement alourdi, provoquait un violent
déséquilibre dans la rotation du tambour lors de l'essorage.

Pas la peine d'appeler un exorciste.

Rencontres hôtelières - 2

Pour ceux qui débarquent, voilà le début du récit.

3- Samedi

Le beau temps aidant, je me suis mis en mode je vais faire découvrir notre belle région à Moricette.
Bien sûr, il faut déterminer ce qu'on va visiter. Et je ne voulais pas
faire des heures de voiture pour aller voir ceci ou cela. J'ai quand
même fait les honneurs de l'irrégulière à Moricette, parce que hein, mais uniquement pour aller jusqu'à la Grande Ville d'à Côté.

Là,
nous déambulons dans les rues assaillies de soleil, moi me creusant la
tête pour trouver des trucs intéressants à visiter, Moricette acceptant
de dire, avec une exquise politesse à peine teintée d'ironie, que tout
cela est fort beau et intéressant. Bref.

Heureusement, la veille,
Fanny nous avait suggéré de l'appeler afin que nous nous retrouvions
quelque part, ce qui se fit en fin d'après-midi. Sous un beau soleil
quelque peu déclinant, nous nous sommes vus assis à une terrasse de
café, profitant de la douceur de l'air, du concert de klaxons et des
bonnes odeurs des gaz d'échappement. Nous devisions allègrement
lorsque...

Bang

Cris, odeur de brulé, regards hagards...

Un
tube halogène, situé au-dessus de nous, très légèrement sur le côté
heureusement, a explosé. Nos voisins ont reçu les morceaux fumants sur
la tête et les vêtements ; nous en fûmes quittes pour la surprise et un
examen approfondi de la chevelure de Moricette, qui voulait s'assurer
qu'aucun morceau incandescent ne s'y était logé. L'incident clôt (les
voisins n'ont pas exigé que leurs consommations leur soient offertes,
quel manque d'à-propos), nous continuons notre discussion, non sans
regarder de temps à autre ma montre, le parking semi-public où est
garée l'irrégulière fermant à 21 heures 30.

Vers 19:45, nous
levons le camp afin que je déplace la tuture, avant d'aller nous
restaurer. Bien sûr, vous l'avez deviné, le samedi le parking ferme à
20:00, et nous y sommes arrivés à 20:05. Grilles closes, aucun moyen
d'en sortir. Nous faisons le tour, histoire de voir si par hasard une
grille ne serait pas encore ouverte. Nada. Nous croisons quelques
personnes du nettoiement, qui nous disent gentiment que les gardiens
(tous les 3) sont en vacances donc pour faire ouvrir les grilles faut
attendre lundi matin. Ô joie.

J'envisageais de prendre un taxi,
mais Fanny propose de nous ramener. Ayant ainsi résolu la question du
retour, nous allons manger. Et c'est le troisième drame de ma journée :
dans un resto bio végétarien. Damned, moi qui ne carbure
presqu'uniquement qu'au Koca et au BigMak, je sombre là dans des abîmes
de perplexité alimentaire : c'est quoi ces machins ? ça se mange ?
noooon s't'une blague hin ? non ? pfff arrétez de me faire marcher
z'êtes pas drôles vous savez...

Merci à Fanny de nous avoir ramenés, malgré un orage qui préparait ses éclairs à l'horizon.

Moricette dormant dans la zone de contrôle du frigo, je n'ai
même pas pu aller m'y restaurer discrètement pendant la nuit. J'ai eu
les crocs jusqu'au petit déjeuner.

J'ai de drôles de fréquentations

Hier, j'ai revu une amie que j'apprécie beaucoup. Cette personne a le
malheur d'être, depuis des années, harcelée par un bas-de-plafond (qui
est quand même pilote de ligne). Rien n'y fait, ni les explications
directes, ni les mains-courantes auprès de la maréchaussée. Cette amie
a récemment déménagé, pas pour fuir le harceleur, mais cela semblait
être un effet secondaire intéressant : plus d'adresse où sonner, plus
de numéro de téléphone à appeler la nuit...

Pas
de chance, depuis 15 jours il semble que le harcèlement téléphonique
recommence : appels en plein milieu de la nuit, personne au bout du fil
et raccroché rapide.

"Qu'est-ce que tu vas faire ? lui ai-je demandé.
- J'en ai parlé à K. Il m'a dit qu'il ne peut rien faire de très officiel, mais qu'il va voir ce qu'il peut faire discrètement.
- K ? Celui qui...
- Oui, celui qui bosse à l'anti-terrorisme.
- Si ton harceleur reçoit une visite du GIGN à 6 heures du matin, ça devrait le calmer un moment."

Rencontres hôtelières - 1

Le week-end dernier, j'ai eu le privilège et, pour tout dire, l'immense honneur et plaisir, de présider à la rencontre de Moricette Fragonard et de Fanny Fenouil, respectivement ex-résidente et ex-collaboratrice de L'Hôtel des Blogueurs. Ce furent de grands moments, dont je vais vous livrer certains.

1- La préparation

Melle Fragonard devant séjourner chez moi, mon orgueil
honneur ne me permettait pas de la recevoir dans le bordel immonde rangement aléatoire qui
est usuellement mon cadre de vie. Il m'eût été désagréable de devoir
supprimer mon invitée à la seule fin qu'elle ne colporte pas dans la
communauté des carnetiers tout ce qu'elle pourrait penser de mes
méthodes de rangement. Cette préparation a supposé notamment (mais pas
exclusivement) :

  • Le remontage et remplissage d'une
    bibliothèque (certes actuellement composée exclusivement de BDs, mais
    c'est l'idée qui compte), non seulement pour donner à mon invitée de
    quoi lire mais aussi pour ne pas laisser l'impression d'un inculte
    complet ne lisant rien du tout.
  • La pose de 17 mètres de
    plinthes carrelées dans la pièce qui sera dévolue au séjour de ladite
    invitée. Je ne craignais pas vraiment qu'elle se mette à shooter dans
    le bas des murs, mais l'aspect "pas terminé" de la pièce m'est
    soudainement devenu insupportable, alors que je vivais plutôt bien avec
    depuis janvier dernier. Allez comprendre.
  • La réalisation
    brutale et douloureusement tardive de l'état de non-propreté de la
    housse du canapé dans laquelle Melle Fragonard allait passer ses nuits,
    et la recherche frénétique d'un pressing capable de me restituer le
    soir même une housse propre. L'avantage d'habiter dans un petit bled
    est ici très net, puisque le pressing de pas-trop-loin a officié sans
    difficultés ni frais supplémentaires.
  • Une terrible activité de
    rangement-pliage-vaisselle-ménage-rangement-lessivage-nettoyage-rangement,
    qui ne s'est arrêtée qu'une heure avant l'arrivée du train amenant
    Melle Fragonard en notre région.
  • Et j'en passe beaucoup d'autres, je ne voudrais pas vous lasser.

2- La première rencontre

Nous devions retrouver Fanny
en sa demeure, afin d'y papoter un peu avant d'aller au restaurant nous
goinfrer de sushis, makis et autres sashimis. Je fus de nouveau
stupéfait par la facilité que peuvent avoir deux carnetiers
(carnetières en l'occurrence) pour s'entendre et lier amitié en un clin
d'oeil. Il est vrai qu'elles avaient déjà interagi ensemble à l'Hôtel,
et peut-être conversé d'une manière ou d'une autre depuis. Il n'empêche.

L'apéritif
fut fort enjoué, si l'on omet le comportement pathologique d'un chat
noir que je ne nommerai pas, mais dont les instincts psychopathes se
sont exprimés par plusieurs tentatives d'aggression de ma personne,
heureusement détectées à temps par l'oeil vigilant de Fanny et contrées in fine par une éjection dudit félin hors de la pièce.

Le
repas fut délicieux, enjoué, drôle, de ceux dont on se souvient
longtemps. Contrairement à ce que j'imaginais, nous n'avons pas parlé
uniquement de blogs mais d'une foule de sujets variés. A posteriori, avec deux personnes de la qualité de Moricette et Fanny, le doute n'était pas permis.

Après plus de trois heures d'agapes japonisantes et de discussion, nous avons raccompagné Fanny
jusqu'en bas de chez elle, non pour la surveiller mais pour ne pas
perdre un instant du plaisir d'être ensemble, puis sommes rentrés
dormir du sommeil des justes.

Mon programme organisé s'arrétait là, et bien évidemment les ennuis, qui n'attendaient que cela, n'ont pas tardé.

Mais, et on appelle ça ménager son lectorat, ce sera le sujet d'une autre note.

Visite aux impôts

Il y a quelques jours de cela, je relatais mon dur combat contre le répondeur automatique
de ma Caisse d'Assurance Maladie. Ayant, comme quoi tout arrive même le
plus improbable, ayant donc réussi à joindre quelqu'un et à me faire
transmettre l'attestation dont j'ai besoin, j'ai pu passer à l'étape
suivante. Muni de tous les documents nécessaires, je me rends à la
Trésorerie Générale afin de transformer cette liasse de papiers en un
seul et unique document, dûment signé et tamponné, disant que j'ai
produit tous les jolis papiers en question. Pour ceux que ça intéresse,
ça s'appelle une DC7 dans le jargon administratif.

J'arrive donc à
l'accueil de la TG, où j'avise deux dames, l'une, que je nommerai Mme
A, assise et en train de téléphoner, l'autre, qui subtilement se
nommera Mme B, debout derrière Mme A, sans doute regardant ce que fait
celle-ci. Je m'approche, et après avoir courtoisement salué ces deux
dames, j'exprime la raison de ma visite. Ca a donné ceci :

"Bonjour, je voudrais voir Mme...
- Indisponible," fait Mme A sans même me regarder.
J'ai parfaitement compris qu'elle ne s'adressait pas à moi mais
à Mme B, pour l'informer que le correspondant qu'elle cherche à joindre
ne décrochait pas. Ce n'est pas une raison pour rater une répartie aussi évidente...
" Haaa non madame, vous ne pouvez pas me dire ça tout de suite, je n'ai même pas encore dit qui je voulais voir."

A
ce moment, Mme A lève les yeux vers moi. Une petite seconde se passe,
le temps qu'elle recolle les morceaux, et la voilà qui éclate de rire,
suivie rapidement par Mme B. Mme A se confond en excuses, disant
qu'elle ne s'adressait pas à moi, et je la rassure en lui répondant que
je n'avais pas imaginé un instant qu'il en fut autrement. Un à zéro
quand même.

Je reprends ma requête une fois que la sérénité s'est de nouveau installée à l'accueil.

"Donc, je voudrais voir Mme C...
- C'est pour une DC7 ? demande Mme B
- Oui, Mme C m'a dit de passer dès que j'aurais tout ce qu'il lui faut.
- Je vais l'appeler, attendez quelques instants."

Mme B prend son téléphone et appelle ladite Mme C.
"Allô, P. ? C'est V., il y a à l'accueil un monsieur qui dit qu'il a tout ce qu'il te faut. On te l'envoie ou on se le garde ?"

Ok, un partout.